bus_england

“Histoires Expatriées” c’est un RDV mensuel de blogueurs expatriés qui vous racontent leur expérience autour d’un thème décidé à l’avance. Ce projet a été lancé par Lucie du blog OcchioDiLucie et le thème de ce mois-ci c’est “Les relations sociales dans mon pays d’adoption”, un sujet suggéré par Kenza du blog Cups of English Tea.

histoiresexpatriees

Je suis donc en Nouvelle-Zélande depuis fin juillet, après avoir vécu 7 ans et quelque en Angleterre. Culturellement, ces deux pays sont assez similaires. N’étant pas encore “experte en Nouvelle-Zélande”, j’ai décidé de vous parler des relations sociales en Angleterre et d’ajouter des commentaires sur la Nouvelle-Zélande ici et là, quand ça s’y prête.

Au travail

J’ai travaillé 7 ans en Angleterre et à peine 3 mois en Nouvelle-Zélande mais toujours dans la même industrie ce qui rend la comparaison plus facile.

officeSource photo ici

 

Les deux pays sont similaires pour ce qui est des relations sociales au travail: une hiérarchie existante mais pas vraiment présente dans la vie de tous les jours, beaucoup d’autonomie, pas de Mr/Mme, on s’appelle tous par nos prénoms…même les dirigeants de la boîte. On se “hug” pour un oui ou pour un non. Personnellement, j’ai toujours du mal avec ça même après toutes ces années. Je “hug back” quand on s’approche de moi mais spontanément, je ne “hug” pas. Ca ne me vient même pas à l’esprit.

Le hug

Vu que j’ai commencé à vous parler du “hug” autant continuer un peu sur ce sujet. Le “hug” c’est l’accolade. En Angleterre, ils ne font pas la bise mais ils “hug” tout le temps. En tant que française, ce n’est pas vraiment dans mes habitudes mais je suis le mouvement. Sauf que, quand on “hug”, on se rapproche des joues et quand je vois une joue de près, j’ai tendance à faire la bise (4 par chez moi !). C’est une habitude, c’est automatique. Or, saviez-vous que si faire un “hug” c’est tout à fait normal pour eux, taper la bise c’est NON.

Petite anecdote: quand j’ai quitté mon dernier emploi à Londres pour aller à Ipswich, mon boss m’a donc fait un “good bye hug” et moi automatiquement…bah je lui ai fait la bise. 4 bises. Normal ! Vous auriez vu sa tête et le mouvement de recul ! Pour info, on avait quand même bossé ensemble dans deux boîtes différentes pendant 3 ans donc on se connaissait plutôt bien. Les anglais !

En Nouvelle-Zélande, j’ai moins remarqué ce comportement.

Dans la vie de tous les jours

  • Dans les magasins

Si vous avez habité ou voyagé en Angleterre, vous avez certainement remarqué comment les britanniques s’adressent à vous dans les magasins: “love“, “darling“, “sweetheart“. Ca fait un peu bizarre au début mais on s’y habitue. Je n’ai pas observé cette habitude en Nouvelle-Zélande, ils sont très polis mais n’utilisent pas vraiment tous ces surnoms affectueux.

  • Dans les transports en commun

En Angleterre, comme en Nouvelle-Zélande, quand on prend le bus, on dit évidemment bonjour au conducteur mais quand on descend, il est coutume de lancer un “thank you driver” avant de descendre. En Angleterre, c’est commun mais pas systématique tandis qu’en Nouvelle-Zélande, je l’ai observé à chaque fois que j’ai pris le bus. Et je prends le bus tous les jours.

bus_englandSource photo ici

 

“L’hypocrisie des anglo-saxons”

Ca, c’est un sujet qui mériterait un article à lui seul. Vous remarquerez que je l’ai mis entre guillemets celui-ci.

Quand on vit dans un pays anglo-saxon comme l’Angleterre ou la Nouvelle-Zélande, il y a un sujet qui revient régulièrement parmi les étrangers: le fait que “ces gens-là ne disent jamais directement ce qu’ils pensent“. Et c’est vrai que vous verrez rarement un britannique vous dire les choses directement, attention, ça ne veut pas dire que tout va bien pour autant. Personnellement, je ne pense pas que ce soit de l’hypocrisie, il serait plutôt question de ne pas froisser l’autre, ce qui de notre point de vue peut paraître comme hypocrite.

Par exemple, si vous travaillez en Angleterre, on ne vous dira jamais que ce que vous avez fait n’est ni fait ni à faire, que vous avez merdé…On vous dira que c’est “great” mais qu’il y a “room for improvement“. Ce qui est l’équivalent français de “mais qu’est-ce qu’il nous a fait là!”. Disons que le feedback anglo-saxon est plutôt subtil.

Ce côté “on dit les choses sans les dire” affecte aussi les relations personnelles en dehors du travail. Quand je suis arrivée en Angleterre, je faisais des rencontres, le courant passait bien, on échangeait les numéros de téléphone avec promesse de se revoir bientôt…et puis rien. Au début, je me suis dis que j’avais dû dire ou faire quelque chose qui avait en fait vexé la personne. Mais non. En Angleterre (et aussi en Nouvelle-Zélande d’après ce qu’on m’a dit), le “let’s catch up soon” n’est pas forcément une invitation à se revoir bientôt. Même si ça y ressemble beaucoup. On peut très bien passer une soirée entière à discuter avec quelqu’un sans jamais se revoir.

En discutant avec des étrangers, j’ai beaucoup entendu dire que c’est un comportement hypocrite: pourquoi ne pas simplement dire les choses, quitte à vexer un peu, après tout on s’en remettra, hein. Mais si on suppose que ne pas froisser quelqu’un est plus important que le reste, ça devient logique, non? Enfin, c’est mon hypothèse en tout cas.

C’est vrai que cette façon de faire ne convient pas à tout le monde, personnellement, ça me va et je m’y suis bien habituée tout en gardant à l’esprit qu’il faut interpréter un peu ce qui se dit, notamment dans le cadre professionnel.

L’autre jour, j’ai entendu une comparaison intéressante. Une française qui a vit en Nouvelle-Zélande depuis plusieurs années disait que les français sont un peu comme des noix de coco tandis que les néo-zélandais (et ça s’applique aussi aux anglais) sont des pêches. Explication: la noix de coco est dure à l’extérieur mais pas à l’intérieur. Le français est plus difficile à aborder mais une fois la “coque” percée, c’est une longue amitié qui débute. Le britannique est une pêche: doux à l’extérieur mais quand on cherche à s’approcher du noyau (à vouloir les connaître vraiment), ça devient beaucoup plus difficile.

Et vous, quelle est votre expérience avec nos amis britanniques, néo-zélandais, américains, canadiens…?