Bryggen norvège

Aujourd’hui nous avons une autre interview: Emilie, qui a fait son Erasmus en Norvège. Pas courant comme destination! Si vous voulez en savoir plus cette expérience c’est par ici!!

 

Tout d’abord présente-toi.

Je m’appelle Emilie, Parisienne de 24 ans (mais plus pour très longtemps) et depuis 3 ans, Amstellodamoise d’adoption. J’ai effectué un semestre en Erasmus en Norvège en 2008, lors de ma 3e année de licence.

 

sous la neige erasmus norvège

 Tu as fait Erasmus en Norvège, comment t’es-tu retrouvée là-bas?

Je suis arrivée là-bas un peu par hasard en fait. Depuis le lycée, je savais que je voulais aller étudier à l’étranger… En me renseignant un peu partout, j’ai fini par entrendre parler d’Erasmus et le concept m’a tout de suite enchanté. C’était le parfait compromis entre “je pars étudier ailleurs” et “mes études sont reconnues en France”. A l’époque, je voulais partir aux Pays-Bas, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs vu que je n’y avais jamais été. Et puis, je suis arrivée à la fac de Nanterre, en banlieue parisienne et retour à la dure réalité : on n’avait pas cette destination. J’ai donc longuement étudié la liste, vérifé dans quelles langues les cours seraient dispensés, les matières proposées et (surtout) visionné des tas de photos pour voir ce qui me plaisait le plus. Je cherchais une destination où je pouvais étudier en anglais, mais sans que ce soit forcément la langue natale, qui serait complètement dépaysante et d’où je pourrais voyager éventuellement. Au final, c’est Bergen avec ses fjords qui a remporté tous les suffrages. J’avais pris en 2e choix la Grèce: pays radicalement différent…

 

Bryggen norvège

 

Quelles difficultés as-tu eu à faire face?

L’administration… et l’administration! Je crois que de côté là, j’ai touché le gros lot. J’ai eu le droit à la secrétaire qui ne sait pas quels pays sont proposés, quand on doit prendre les dossiers et surtout quand les rendre, à la faculté qui oublie d’envoyer les dossiers en temps et en heure, à la sécurité sociale qui oublie de t’inscrire… En fait, chaque étape a eu un problème. J’imagine que ça fait un peu parti du folklore…. mais c’était vraiment usant. Je me souviens encore l’attente pendant des heures derrière cette porte, pour rectifier chaque erreur. Heureusement j’ai eu la chance d’avoir une responsable à Bergen en or, qui répondait en quelques heures à tous mes emails et, même si elle a dû s’arracher les cheveux en voyant les erreurs de ma fac, est restée toujours adorable.

 

Quel est ton/tes meilleur-s souvenir-s là-bas?
Il y a beaucoup de boins souvenirs… mais à choisir, il y aurait surement les soirées “découvertes” avec mes amis allemands, américains ou japonais, où l’on cuisinait des spécialités de chez nous, où l’on papotait de tout et de rien dans toutes les langues, où l’on jouait à des jeux sans forcement comprendre toutes les règles parce que personne n’avait les mêmes ; les randonnées qui auraient pu virer en catastrophe s’il n’y avait pas eu une super ambiance et une bonne humeur et qui m’ont appris le véritable sens du mot “entraide” ; la découverte de la ville et des fjords où tout le monde semblait retomber en enfance ; la prof de norvégien et son sens de l’humour tellement… norvégien mais tellement irresistible…. J’ai rencontré des gens vraiment adorables et ils ont tous rendus cette expérience inoubliable.

Est-ce que tu as envie de t’expatrier par la suite?

Peu après mon retour, c’était devenu évident que je voulais repartir. J’avais besoin de bouger. J’ai tenu 6 mois, le temps de finir mon année de licence et je me suis expatriée aux Pays-Bas (et oui), d’abord pour étudier… et finalement, j’y suis encore. Passer de ma montagne norvégienne à mon HLM de Seine Saint Denis a eu un côté vraiment déprimant… je suis revenue en hiver quand il faisait tout gris (en Norvège aussi, mais tu t’en fiches, il y a les fjords), donc ça n’a pas aidé. Et puis j’étudiais le droit européen, ça me paraissait logique d’aller dans un autre pays et de ne pas rester centrer sur la France.

Est-ce que cette expérience t’as donné envie de voyager encore plus? Si oui, vers quelles destinations?

Complétement! Déjà pendant mon séjour, j’en avais profité pour visiter un peu le “coin”, avec la Suède et le Danemark. J’y ai attrapé le virus de la bougeotte, je voulais (et veux toujours) aller partout et découvrir le monde. Depuis, je suis allée en Irlande, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, en Islande, au Canada…. J’aimerai beaucoup aller sur d’autres continents et passer plus de temps dans les pays que je visite, pour vraiment m’imprégner de la culture…

 

Hogabu Norvège

 

Est-ce que tu dirais que passer un an en Erasmus t’as changé? 

Oui, bien sûr. Sur le plan des études, j’ai appris une nouvelle façon de voir et faire les choses, à prendre du recul et à m’adapter. J’ai aussi pris confiance en mon anglais et même si je ne suis pas bilingue, je n’ai plus peur de le parler ou de faire des fautes.
Sur le plan humain, j’ai beaucoup appris sur les autres et moi: parler avec des personnes d’autres cultures était vraiment enrichissant, au sens où l’on découvre les autres et on se découvre aussi. On sort vraiment des clichés qu’on peut avoir… Je crois que c’est surtout ma vision sur le monde qui a vraiment changé.
paysages norvège

Si c’était à refaire, qu’est-ce que tu ferais différemment?
Essayer de m’intégrer un peu plus avec les Norvégiens… J’étais en résidence internationale et on s’est pas mal retrouvé entre Erasmus. Participer aux associations de l’université.

Quels sont les grandes différences entre la France et la Norvège?

– Les relations humaines: Les Norvégiens peuvent sembler un peu rustres au début parce qu’ils ne parlent pas beaucoup, te poussent sans s’excuser etc… Il faut juste l’accepter et ils deviennent vraiment adorables et prêts à te rendre service. Après mes examens, je suis allée dans le Nord, dans les îles Lofoten pendant la nuit polaire. Je cherchais mon hôtel et je venais à peine de déplier mon plan que tout de suite quelqu’un s’est arrêté pour m’aider. Comme les rues étaient super glissantes et ma valise lourde, on m’a proposé de m’y amener en voiture… alors que c’était juste à deux rues. A Bergen aussi, je ne suis jamais restée longtemps seule avec mon plan dépliée.
– Les relations homme / femme : c’est assez rigolo de sortir le soir dans un pub ou en boite… Là-bas, c’est la fille qui drague! Et attention, elle fait rarement dans la dentelle. Il faut dire que la dose d’alcool dans le sang doit pas mal aider. Sinon, dans la vie de tous les jours, je voyais très souvent des hommes s’occuper des enfants ou des femmes occuper des postes importants. Alors bien sûr, tout n’est pas rose non plus, mais en tant que femme, je n’ai jamais ressenti d’insécurité ou de discrimination en quoi que ce soit.

– Nourriture: tout est hyper cher. Les Norvégiens se souviennent encore des périodes pauvres… depuis, ils produisent pas mal de choses: sauf que produire des tomates dans un pays nordique montagneux, c’est pas gagné… et du coup, soit ça coûte cher parce que c’est importé, soit ça coûte cher parce que c’est produit sur place dans des infrastructures modernes hors de prix.  La viande aussi peut rebuter: elle est très bonne, mais quand on la voit sous vide, elle est plutôt marron que rouge. Après renseignement, c’est simplement la façon dont c’est gardé sous vide et en chambre froide. On découvre aussi du poisson ou du fromage en tube (comme celui pour la mayonnaise) ou du steak de baleine. Dans l’ensemble, la nourriture est tout à fait correct, juste très chère.Le mot de la fin? Quelque chose à ajouter?

Comme l’a si bien dit Teaso, si vous en avez l’occasion, partez en Erasmus. Peu importe la destination, peu importe la langue et votre niveau, c’est vraiment une expérience à tenter. Et bien sûr, la Norvège est un pays magnifique et se balader dans les fjords est quelque chose de vraiment spectaculaire… n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions sur Erasmus ou sur la Norvège.
Vous pouvez retrouver Emilie sur son blog Mili et Taco en vadrouille.
Et vous ça vous inspire tout ça? Vous avez déjà visité la Norvège? Ca vous a plu? Ou c’est un pays qui vous tente?